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David Rickard interroge constamment des notions telles que la gravité, le hasard, la métamorphose, à travers des sculptures, des dessins ou des installations impliquant une expérimentation physique et/ou topographique. Avec pour point de départ des objets de la vie courante, il explore de nouvelles possibilités d’orientation spatiale et, ce faisant, redessine la géométrie des lieux dans lesquels évoluent ces objets.

Oscillant entre la sculpture et la performance, entre l’art et les sciences, David Rickard s’intéresse à la relation complexe et changeante que nous entretenons avec les matériaux qui nous entourent, à leurs propriétés et à leur histoire. À peine arrivé à Belval, l’artiste sait déjà quelle signification, sinon quelle forme donner à son oeuvre à venir : d’une manière ou d’une autre, il va utiliser cet aluminium qui est ici à portée de main, sous forme de résidus de processus industriels ou de construction. Belval ayant une histoire liée à la production d’acier, l’aluminium pourrait apparaître comme étranger au contexte, mais il s’agit de le récupérer sur le site même, en faisant intervenir la population locale. 

En recyclant les matériaux, David Rickard ausculte leurs vies successives, passées ou à venir. Pour cette Public Art Experience ancrée à Belval, il commence par stocker une grande quantité de déchets d’aluminium, qu’il va ensuite couler dans un objet artistique imposant, creux à l’intérieur et de forme cubique, faisant référence à l’architecture prédominante du site. Entreprises, institutions, résidents contribuent à la collecte, participant ainsi à la gestation d’une oeuvre qui abritera un espace à la fois intime et partagé, au milieu des grandes places publiques de la Terrasse des Hauts-Fourneaux.

Tous ceux qui auront fourni la matière première pour Yield deviendront ainsi des « actionnaires » qui, grâce à des contrats rédigés en bonne et due forme, faisant écho à ceux de Gelsenkirchener Bergwerks, le propriétaire initial de l’aciérie de Belval, pourront s’approprier plus tard une partie de l’oeuvre. Car Yield, conçu à la fois comme un processus et comme une sculpture publique protéiforme, est destiné à connaître de nouvelles aventures. Dans l’avenir, l’artiste n’hésitera pas à faire couler à nouveau l’objet né de l’effort collectif. Les nombreux blocs d’aluminium ainsi obtenus seront rendus aux communautés locales, pour que la boucle soit bouclée, pour que l’oeuvre se retrouve ainsi fragmentée, dispersée à travers le Luxembourg.